L’école de Science de l’Esprit

Science de l’esprit

 

Le terme de « science de l’esprit » étant aujourd’hui assez largement utilisé, de manières très diverses, il convient d’en préciser la signification dans le contexte de l’Anthroposophie. 

 

Dans l’introduction à son ouvrage Théosophie (1904), Rudolf Steiner définit cette notion ainsi : « La réalité la plus haute vers laquelle l’homme puisse lever les yeux, il la désigne par ce nom : le “divin”. Et il lui faut penser que sa destination suprême est d’une manière ou d’une autre liée à ce divin. C’est pourquoi la sagesse qui va au-delà du sensible et révèle à l’homme son essence et, par là-même sa destination peut à juste titre être appelée “sagesse divine” ou “théosophie”. On peut désigner par l’expression science de l’esprit l’étude des phénomènes spirituels dans la vie humaine et dans l’univers. » (ThéosophieÉd. Novalis, 1995, p. 26)

 

Le terme « science de l’esprit » désigne donc la démarche de connaissance maintes fois exposée et approfondie par R. Steiner lui-même, puis par tous les chercheurs qui ont inscrit leurs études dans ce même sens. C’est ainsi que s’élabore « l’anthroposophie ».

 

La toute dernière institution que Rudolf Steiner fonda au Goetheanum, au cœur de la toute nouvelle Société Anthroposophique, reçut pour nom : ÉCOLE DE SCIENCE DE L’ESPRIT.

Dans le contexte de la culture allemande, le terme « Geisteswissenschaft », traduit par « science spirituelle » ou « science de l’esprit », correspondrait à ce que nous appelons en français les « sciences humaines ».

 

École de science de l’esprit

 

La Société Anthroposophique a vocation à favoriser pour le monde contemporain la visibilité des résultats de la recherche anthroposophique. Elle s’efforce de donner leur place dans la culture actuelle aux applications qui en découlent.

Goetheanum

Les tâches de l’École de science de l’esprit sont : le développement de cette recherche elle-même dans le domaine spirituel ; les questions émanant des activités pratiques issues de cette recherche ; la formation continue dans les différents domaines de l’activité humaine qui veulent s’inspirer d’une orientation anthroposophique.

La base du travail dans l’École de science de l’esprit est nourrie par le cursus d’enseignement que Rudolf Steiner a délivré aux membres de cette École en 1924 dans le cadre de sa Première Classe.

L’École a son siège et son centre de coordination au Goetheanum, mais le travail s’accomplit en toute autonomie dans le monde entier, dans tous les contextes où les membres sont actifs.

Les conditions pour devenir membre de l’École sont : être membre de la Société Anthroposophique; avoir acquis une bonne connaissance des bases de l’Anthroposophie ; avoir une volonté de pratique individuelle d’une vie intérieure ; vouloir agir dans la vie en représentant de cette culture anthroposophique ; vouloir travailler en collaboration avec d’autres sur ce chemin.

L’admission dans l’École de science de l’esprit se fait suite à un entretien personnel avec un interlocuteur (un « lecteur ») qui est en relation avec la Direction de l’École au Goetheanum. Les membres trouveront les coordonnées de ces interlocuteurs dans les Nouvelles ou dans l’Espace Membres.

L’École de science de l’esprit est aujourd’hui articulée en une Section d’Anthroposophie Générale et des Sections Spécialisées.

 


Section d’Anthroposophie Générale

 

Dans la Section d’Anthroposophie Générale sont cultivées et approfondies des questions centrales de l’existence humaine contemporaine :

  • l’étude de la science de l’esprit : orientations pour la pratique individuelle d’exercices et pour la méditation

  • la connaissance anthroposophique de l’être humain et de l’univers

  • la réincarnation et le karma

  • la christologie et l’étude des hiérarchies spirituelles

  • l’action individuelle et la compétence sociale

  • le développement de l’individu et la contemporanéité (présence au monde)


La Première Classe de l’École de science de l’esprit

 

Rudolf Steiner décrit ainsi la mission de la Première Classe de l’École :

« Généralement, l’homme devra d’abord faire connaissance avec le monde spirituel sous la forme de l’idée. La Science de l’Esprit sera cultivée sous cette forme dans la Société Anthroposophique Universelle. Il y aura cependant des personnalités qui voudront prendre part à des présentations du monde spirituel qui s’élèvent de la forme idéelle à des formes d’expression tirées du monde spirituel lui-même. Il y en aura aussi qui voudront faire connaissance avec les chemins du monde spirituel pour pouvoir les parcourir avec leur propre âme. Les trois Classes de l’École seront là pour ces personnes. » (Rudolf Steiner, Le Congrès de Noël, ÉAR)


Développement de la Première Classe et pratiques actuelles

 

A l’occasion de la fondation de la Société Anthroposophique Universelle lors du Congrès de Noël de 1923/24, Rudolf Steiner décrit l’École de science de l’esprit. Il entreprend immédiatement après sa mise en place en tant que directeur, s’associant Ita Wegman. Il a l’intention de l’articuler en trois classes et en sections.

Au cours de l’année 1924, Rudolf Steiner donnera au total 38 leçons ésotériques (leçons de classe) aux membres de la Première Classe dans le cadre de la Section d’Anthroposophie Générale. Ces leçons ésotériques contiennent des paroles de méditation, appelés « mantras », accompagnées de commentaires.

La direction de l’École a aujourd’hui confié la direction de la Section d’Anthroposophie Générale aux membres du Comité de la Société Anthroposophique au Goetheanum.

Outre la forme qui consiste à transmettre les contenus de la Première Classe en lisant textuellement les mots de Rudolf Steiner, des leçons libres se sont développées, où les commentaires et introductions aux mantras sont développés personnellement par un élève de l’École. Un travail d’échanges et d’entretiens est cultivé sous des formes diverses. La base et la condition de ces formes de travail et de celles qui pourraient se développer résident dans la relation méditative individuelle avec les mantras. 

Bien que ces textes, non destinés à l’étude individuelle, soient aujourd’hui publiés et accessibles à tous, les membres de l’École de science de l’esprit travaillent ces contenus dans le cadre des exigences et conditions fondatrices de cette École, où la parole prononcée et entendue joue un rôle central.


Les Sections Spécialisées

 

Avec les Sections Spécialisées, l’Anthroposophie « peut féconder les différents domaines de la civilisation, de la connaissance, de l’art, etc. ». (Rudolf Steiner, Le Congrès de Noël)

Leur tâche est de percevoir les évolutions porteuses d’avenir dans des domaines spécifiques, d’intégrer la démarche spirituelle dans les domaines professionnels et d’approfondir la vie pratique par l’approche spirituelle propre à cette École. Avec toutes les Sections, l’École a le rôle d’une Université Libre, dans laquelle les activités de recherche et d’enseignement qui y sont réalisées prennent en compte l’Humain dans son intégralité spirituelle, culturelle et artistique, ainsi que pratique et sociale. Les différentes Sections sont réparties comme suit :